La rentrée scolaire 2026-2027 a démarré ce mardi à Inongo, chef-lieu du Maï-Ndombe, dans un contexte particulier. Alors que les établissements scolaires privés ont ouvert leurs portes et accueilli des élèves, les écoles publiques de la province éducationnelle Maï-Ndombe 1 sont restées fermées en raison d’une grève sèche décrétée par l’Intersyndicale des enseignants.
Le mouvement de grève est lié, selon les représentants syndicaux, au non-paiement de deux mois d’arriérés de salaires, correspondant à décembre 2025 et janvier 2026. Les enseignants concernés mettent notamment en cause les difficultés liées au paiement de leurs rémunérations par Afriland First Bank. L’Intersyndicale, dirigée par Gédéon Mfuba Bompagne, conditionne la reprise des cours à la satisfaction de ses revendications.
Cette paralysie intervient après une mobilisation organisée le 25 août dernier à Inongo. Des enseignants avaient alors marché de l’Espace BMC jusqu’à la Division provinciale de l’Éducation, en passant notamment par le boulevard Ngobila, l’avenue de la Mission et le rond-point Maman Yaka. À cette occasion, l’Intersyndicale avait annoncé son intention d’observer une grève dès la rentrée si aucune solution n’était trouvée à la question des salaires impayés.
Dans les familles, cette situation suscite de nombreuses inquiétudes. Plusieurs parents redoutent que la prolongation de la fermeture des écoles publiques n’entraîne des conséquences sur la scolarité des enfants. « Si les enfants restent à la maison, il y aura beaucoup de malheurs. Certaines filles seront exposées à des grossesses précoces non désirées, des garçons verseront dans la délinquance juvénile, le banditisme, la consommation de chanvre et l’oisiveté. L’école est le seul rempart qui les protège », témoigne un père de famille de Mpongonzoli.
Une mère d’élève déplore, pour sa part, le contraste entre les établissements privés et publics. « Nous avons déjà payé les uniformes, les cahiers. Voir nos enfants errer dans les rues pendant que ceux des écoles privées étudient est une injustice », regrette-t-elle, craignant que la situation n’accentue le retard scolaire des élèves concernés.
Face à cette situation, les parents appellent les autorités à intervenir rapidement afin de permettre une reprise des cours dans les écoles publiques. Ils sollicitent notamment le gouvernement central, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, le gouverneur du Maï-Ndombe, Nkoso Kevani Lebon, ainsi que les services impliqués dans la paie des enseignants, pour trouver une solution aux arriérés réclamés.
De son côté, l’Intersyndicale maintient son mot d’ordre jusqu’à la satisfaction de ses revendications. Au-delà du paiement des salaires dus, les enseignants réclament également une amélioration de leurs conditions de travail et le respect des engagements pris dans le cadre des accords conclus avec le gouvernement. La reprise effective des cours dans le secteur public à Inongo dépend désormais de l’issue des discussions et des mesures qui seront prises pour répondre à ces revendications.
Jean Béni Nseposwa et Felly Mbembe/ Inongo
