Le cimetière Mputu et Mbili, situé dans la ville d’Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, se trouve depuis plusieurs mois dans un état d’abandon préoccupant, selon des habitants des quartiers environnants. Envahi par les hautes herbes, les broussailles et les arbres sauvages, le site présente désormais l’apparence d’un espace laissé à la végétation.
Sur place, le constat est visible. Les herbes, parfois hautes de plus d’un mètre, recouvrent une partie du cimetière et rendent difficiles la circulation et l’accès à certaines tombes. La présence signalée de reptiles dans cette zone inquiète également les riverains, qui redoutent notamment leur intrusion jusque dans les habitations voisines.
Pour plusieurs habitants, cette situation dépasse la seule question de l’entretien du cimetière et constitue désormais une préoccupation sanitaire et sécuritaire.
« Nous sommes exposés au paludisme à cause des moustiques qui se multiplient dans cette brousse, et à différents reptiles qui entrent jusque dans nos maisons. C’est un risque énorme pour nous et nos enfants, témoigne un habitant du secteur.»
Des interrogations sur l’entretien du site
L’état du cimetière suscite également des interrogations concernant la gestion des ressources destinées à son entretien. Selon les habitants interrogés, une redevance serait perçue à l’occasion des inhumations, alors qu’aucune opération récente de désherbage ou d’assainissement ne serait visible sur le site.
Christian Mbavu, habitant du bloc concerné, déplore ce qu’il considère comme un manque d’attention accordée au lieu de sépulture.
« Il n’y a pas de respect des morts ici à Inongo. Si le respect existait, on allait chaque fois rendre cet endroit propre. Et chaque enterrement d’une personne ici est payable. La question que l’on se pose : cette somme part où ? »
Ces propos traduisent le sentiment d’indignation exprimé par certains riverains, qui souhaitent voir les autorités compétentes intervenir pour rétablir des conditions d’entretien compatibles avec la vocation du lieu.
Un lieu de mémoire à préserver
Au-delà des préoccupations liées à la végétation et aux éventuels risques pour les riverains, l’état du cimetière Mputu et Mbili soulève une question plus symbolique : celle du respect dû aux personnes décédées et à leurs familles.
Pour les habitants, un cimetière devrait demeurer un espace entretenu, accessible et digne, permettant aux familles de se recueillir dans des conditions convenables.
La population appelle ainsi les autorités compétentes à prendre des mesures pour procéder au désherbage, à l’assainissement et à l’entretien régulier du site.
Notre rédaction a tenté de joindre l’autorité urbaine d’Inongo afin de recueillir sa réaction et d’obtenir des éclaircissements sur la situation ainsi que sur les éventuelles mesures envisagées. Ces démarches n’ont, à ce stade, pas abouti.
Par Jean Béni Nseposwa et Felly Mbembe/Inongo
