le Gouvernement congolais veut passer de la réaction à la prévention face aux maladies qui déciment le cheptel. Le ministre national de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Buana, a lancé, samedi 5 septembre 2026, une vaste campagne de vaccination animale accompagnée d’une importante dotation en vaccins, équipements et matériels logistiques.

La cérémonie s’est déroulée sur la place du marché central de Lodja, où le ministre a officiellement donné le coup d’envoi de cette opération destinée à renforcer la protection du cheptel dans la province du Sankuru.

Au total, 167 371 doses de vaccins sont mobilisées pour cette campagne. Elles comprennent notamment 39 124 doses contre la peste des petits ruminants, 21 763 doses contre la rage canine et 106 484 doses contre la pseudopeste aviaire.

L’opération vise également les zoonoses, dans une approche qui entend protéger à la fois la santé animale, la santé humaine et les moyens de subsistance des communautés rurales.

Une réponse directe aux préoccupations des éleveurs

Pour les autorités, cette campagne intervient dans un contexte marqué par une recrudescence de plusieurs maladies animales dans le Sankuru. Une situation qui fragilise les activités d’élevage et expose de nombreux ménages ruraux à des pertes économiques importantes.

Le chef de division de la Pêche et de l’Élevage, Antoine Onomoy, a insisté sur les conséquences potentielles de ces pathologies sur la santé animale, la santé humaine, l’environnement et les revenus des communautés.

Face à cette situation, les autorités techniques privilégient une approche fondée sur la prévention, la vaccination et le renforcement des capacités d’intervention sur le terrain.

Une dotation qui dépasse les vaccins

Jean-Pierre Tshimanga Buana n’a pas limité son intervention à l’annonce de la campagne. Son déplacement à Lodja s’est accompagné d’une importante dotation destinée à permettre aux équipes techniques de mener efficacement les opérations de terrain.

Le lot comprend notamment une jeep 4x4 Land Cruiser, huit motos de type TY 150 et quatre congélateurs, auxquels s’ajoutent des équipements nécessaires à la conservation, au transport et à l’administration des vaccins.

Des antibiotiques, vermifuges, seringues, imperméables, salopettes, bottes, gilets, glacières et accumulateurs figurent également parmi les matériels remis aux services concernés.

La dotation comprend en outre des panneaux solaires, ordinateurs, une imprimante et un vidéoprojecteur, destinés à renforcer les capacités opérationnelles et techniques des équipes locales.

L’administrateur du territoire de Lodja, François Muledi, a salué l’intervention des autorités nationales, estimant qu’elle constitue une réponse concrète aux difficultés auxquelles sont confrontées les populations rurales.

Selon lui, cette campagne représente également un signal de la présence de l’État auprès des communautés dont les moyens de subsistance reposent largement sur l’agriculture et l’élevage.

Même satisfaction du côté des autorités provinciales. Le conseiller spécial du gouverneur du Sankuru, Papy Okongo, a souligné l’importance de cette intervention pour les éleveurs de la province.

« Nos éleveurs de petits ruminants, nos aviculteurs traditionnels et l’ensemble des ménages subissent régulièrement les pertes causées par les maladies animales. Voir les autorités nationales se déplacer pour lancer cette campagne de masse à nos côtés est un signal fort d’espoir et un immense soulagement », a-t-il déclaré.»

Au nom de la population du Sankuru, il a souhaité la bienvenue au ministre Jean-Pierre Tshimanga Buana et à sa délégation, tout en saluant une initiative susceptible de contribuer à la protection du cheptel provincial.

L’élevage au cœur de l’économie rurale

Au-delà de la seule dimension sanitaire, la campagne lancée à Lodja porte un enjeu économique majeur. La maîtrise des maladies animales constitue en effet un préalable à la consolidation de l’élevage familial et commercial, particulièrement dans les zones rurales où les pertes de bétail peuvent directement affecter les revenus et l’alimentation des ménages.

À travers cette opération, le Gouvernement entend ainsi rapprocher les services publics des populations et renforcer l’accompagnement des acteurs de la filière.

L’enjeu est désormais de maintenir la chaîne de vaccination sur le terrain, d’assurer la disponibilité des intrants et de garantir un suivi régulier des élevages afin que cette riposte sanitaire produise des effets durables dans la province du Sankuru.

Scarpe MBUYAMBA Espérant