La coopération entre la République démocratique du Congo et l’Angola s’ouvre davantage aux enjeux liés au climat et à la gestion des ressources en eau. Le Président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a effectué, samedi 5 septembre 2026, une visite de travail dans la province angolaise de Cunene, à l’invitation de son homologue João Manuel Gonçalves Lourenço.

Au cœur de cette visite : les infrastructures hydrauliques mises en place par l’Angola pour faire face à la sécheresse qui affecte régulièrement cette partie méridionale du pays.

Les deux Chefs d’État ont notamment pris part à l’inauguration des barrages de Ndúe et de Calucuve, ainsi que de leurs canaux d’acheminement. Ces ouvrages sont destinés à améliorer durablement l’accès à l’eau des populations locales, tout en soutenant les activités agricoles et l’élevage dans une région particulièrement exposée au stress hydrique.

Une expérience angolaise observée de près par Kinshasa

Au-delà de la cérémonie inaugurale, le déplacement de Félix Tshisekedi revêt une dimension stratégique pour la RDC. Kinshasa entend tirer des enseignements de l’expérience angolaise en matière de conception et de réalisation d’infrastructures capables de répondre aux conséquences des changements climatiques.

Dans plusieurs régions de la RDC, l’accès à l’eau demeure en effet un défi majeur, notamment pour les populations rurales et les communautés dépendantes de l’agriculture et de l’élevage. L’expérience de Cunene pourrait ainsi alimenter la réflexion congolaise sur la sécurisation des ressources hydriques et le développement d’infrastructures adaptées aux réalités climatiques.

La Présidence congolaise souligne que cette démarche s’inscrit dans une logique de partage d’expériences et de coopération autour de solutions concrètes, avec pour objectif de renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.

De l’eau comme enjeu de développement

À Cunene, les barrages inaugurés ne se limitent pas à leur fonction hydraulique. Ils constituent également des instruments de développement local, notamment à travers l’approvisionnement en eau, le soutien à l’agriculture et la préservation du cheptel.

Pour la RDC, l’enjeu est de transformer cette expérience en source d’inspiration pour ses propres politiques publiques, alors que le pays dispose d’importantes ressources en eau mais reste confronté à de fortes disparités dans leur accès et leur exploitation.

Cette visite illustre ainsi une évolution du partenariat entre Kinshasa et Luanda, désormais appelé à intégrer davantage les questions liées à l’eau, au climat, à l’agriculture et au développement durable.

Kinshasa et Luanda élargissent leur partenariat

La visite de Félix Tshisekedi à Cunene intervient dans un contexte de rapprochement accru entre la RDC et l’Angola. Les deux pays ont récemment renforcé leur coopération dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment autour du corridor de Lobito.

Avec cette nouvelle séquence consacrée aux infrastructures hydrauliques, le partenariat bilatéral prend une dimension supplémentaire : celle de la recherche de réponses communes aux défis environnementaux et sociaux qui touchent les populations de la région.

À Cunene, le message porté par les deux dirigeants apparaît donc clair : face aux effets croissants du changement climatique, l’investissement dans des infrastructures structurantes devient un levier essentiel pour sécuriser l’accès à l’eau et soutenir le développement des communautés.

Pour Kinshasa, l’expérience angolaise pourrait surtout servir de modèle dans la recherche de solutions adaptées aux territoires congolais confrontés, eux aussi, aux défis de l’accès à l’eau et de la résilience climatique.

Par Osako Fatou