
Le Ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP) a instruit, le 12 novembre 2025, le directeur général du Fonds national d’entretien routier (FONER) de lui transmettre en urgence tous les documents relatifs à la gestion des recettes du péage sur l’axe Beni–Butembo, au Nord-Kivu.
Cette demande fait suite à une lettre déposée en juillet dernier par le député national Crispin Mbindule auprès du Procureur général près la Cour des comptes.
Dans sa correspondance, signée par son directeur de cabinet, Firmin Kiala Ki-Nsoki, le ministre accuse réception de la dénonciation de l’élu de Butembo visant l’entreprise Jerryson Construction, ancien gestionnaire du péage de la RN4.
Le député reproche à cette société une gestion opaque des fonds publics. Il s’appuie notamment sur les déclarations du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Kakule Somo Evariste, qui affirmait que d’importantes sommes échappaient au Trésor public.
«En deux semaines seulement, plus de 35 000 dollars ont été recouvrés à la seule barrière de Kangothe », avait indiqué le gouverneur, laissant entendre que ces montants étaient auparavant détournés.
Selon Crispin Mbindule, avant la résiliation du contrat avec Jerryson Construction, près de 840 000 dollars collectés chaque année à Kangothe auraient échappé au contrôle de l’État pendant environ sept ans. L’axe routier, long de 54 km, comprend deux postes de péage, dont le principal se trouve à Mukulya, au sud de Beni.
Pour le député, ces éléments « suggèrent une perception non conforme et une appropriation illicite de recettes publiques », au détriment du Trésor public et des efforts de développement routier. Le gouverneur militaire a par ailleurs annoncé la prochaine digitalisation du péage pour renforcer la transparence.
Face à ces soupçons, Crispin Mbindule a demandé au Procureur général d’ouvrir une enquête approfondie afin d’établir les responsabilités, de récupérer les fonds présumés détournés et de garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques.
Les informations exigées par le ministère au FONER devraient permettre d’éclairer ces accusations. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire, outil essentiel de lutte contre la corruption.
Il convient de rappeler qu’en plus du dossier du péage, le député Mbindule avait déjà sollicité une enquête sur la gestion des fonds issus de la taxe conventionnelle sur les produits pétroliers instaurée en 2013, ainsi que sur les rétrocessions du FONER destinées aux villes de Beni et Butembo.
Roger Musafira/Uvira