
À Kamayi comme à Télécom, l’enthousiasme des premiers jours a laissé place à l’incompréhension. Annoncé avec assurance par les autorités provinciales du Kasaï Central, le projet de construction du pont reliant ces deux quartiers symbolisait, pour beaucoup, la promesse d’un avenir plus accessible, plus connecté, plus digne.
Ce pont, présenté comme une réponse concrète aux difficultés de mobilité et un levier pour dynamiser les activités socio-économiques locales, avait fait naître un réel espoir. Le gouverneur de province avait même évoqué un délai d’exécution de deux mois, renforçant la conviction que, cette fois, les paroles seraient suivies d’actes.
Mais aujourd’hui, sur les lieux mêmes où devait s’élever cette infrastructure tant attendue, le décor est figé. Aucun chantier structuré, peu ou pas de matériaux visibles, aucun signe clair que les travaux ont réellement commencé. Le temps passe, et avec lui grandit le doute.
Dans les rues de Kamayi et de Télécom, les discussions s’animent. Les habitants s’interrogent, murmurent leur déception, parfois leur colère. Comment comprendre un tel silence alors que le besoin est si urgent ? Pourquoi aucune communication officielle ne vient expliquer ce retard qui pèse désormais sur le quotidien des riverains ?
Pour une population déjà confrontée à de multiples difficultés, cette attente prolongée est vécue comme une promesse de plus qui s’effrite. Beaucoup redoutent que le projet n’ait servi qu’à nourrir l’espoir, sans réelle préparation ni volonté d’exécution immédiate.
Au-delà du pont lui-même, c’est la question de la confiance qui se pose. La confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. Car dans une province en quête de développement, chaque engagement non tenu creuse un peu plus le fossé entre les discours et la réalité.
La population du Kasaï Central n’exige pas des miracles, mais des actes concrets, de la clarté et du respect. Elle attend désormais du gouverneur et de l’exécutif provincial une communication franche, des explications crédibles et, surtout, une reprise effective des travaux.
Faute de quoi, le pont Kamayi–Télécom risque de rester dans les mémoires non pas comme une œuvre de progrès, mais comme un symbole douloureux d’espoirs brisés et d’attentes trahies.
Nestor Ilo/Kananga