
La prise d’Uvira par les combattants de l’AFC-M23 a profondément modifié le rapport de force militaire dans le Sud-Kivu. Des sources sécuritaires et plusieurs organisations internationales confirment que les rebelles contrôlent désormais les points clés de cette ville stratégique, verrou commercial du littoral du lac Tanganyika et passage frontalier vers le Burundi.
Cette avancée survient quelques jours après leur progression dans les localités situées entre Bukavu et la plaine de la Ruzizi.
Face à cette situation, le Président de la Russie, Vladimir Poutine a fait part de sa « sérieuse préoccupation » quant à la détérioration de la situation sécuritaire en RDC. Dans un communiqué relayé par l’agence russe Tass, le ministère russe des Affaires étrangères a exhorté « toutes les parties » à revenir à un règlement politique dans le cadre des mécanismes de dialogue existants, appelant à « la cessation immédiate des hostilités ».
Accusations récurrentes contre le Rwanda
Le gouvernement congolais attribue cette nouvelle percée rebelle au soutien actif du Rwanda, accusé d’avoir fourni appui militaire et logistique à l’AFC-M23. Ces accusations, fermement rejetées par Kigali, sont également relayées par les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs rapports onusiens récents pointant l’implication de soldats rwandais aux côtés du mouvement rebelle.
Les autorités congolaises dénoncent une « agression » et alertent sur une tentative de « balkanisation du pays », tandis que des centaines de familles continuent de fuir Uvira et ses environs vers le Burundi voisin.
Un tournant dans la crise du Sud-Kivu
La chute d’Uvira représente l’une des plus importantes victoires militaires du M23/AFC depuis le début de son expansion dans cette zone en 2025. La ville, véritable nœud économique régional, permet au groupe rebelle de contrôler une partie des flux commerciaux entre la RDC, le Burundi et la Tanzanie.
Des analystes notent que cette offensive risque d’élargir le conflit vers une confrontation régionale, au moment où la Mission de transition de l’ONU (MONUSCO) poursuit son retrait progressif.
La diplomatie sous pression
Alors que les condamnations internationales se multiplient, l’appel de Moscou intervient dans un contexte de fortes tensions au Conseil de sécurité de l’ONU, où plusieurs États exigent la cessation du soutien rwandais au M23.
La Russie, jusque-là prudente sur le dossier congolais, plaide pour un compromis politique, soulignant l’importance du respect des engagements pris dans les précédents cadres de négociation, notamment les processus de Nairobi et de Luanda.
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