Un présumé cas de détournement de deniers publics a été mis au jour dans la province du Kasaï, à l’issue d’un contrôle inopiné mené par le ministre provincial des Finances, Paul Kalamba Kwete, au poste de perception de Sami II, situé à Sha Musanda. Le préjudice est estimé à 4 278 430,56 francs congolais, selon les premières constatations officielles.
D’après les éléments communiqués par le ministère provincial, l’irrégularité a été détectée suite à un écart significatif entre les recettes enregistrées dans le système numérique Kodinet et les montants effectivement perçus sur le terrain. Sur un total de 6,68 millions de francs congolais déclarés, près de 4,3 millions de FC manqueraient à l’appel.
Les soupçons pèsent sur deux agents de la Direction générale des recettes du Kasaï (DGRKAS), identifiés comme le chef de poste, Willy Kasonga Ilunga, et son adjoint, Mukoma Mukoma Héritier. Ce dernier ne serait pas à sa première implication dans des faits similaires, notamment dans une affaire antérieure signalée à Ilebo.
Selon des sources administratives concordantes, les deux responsables ont pris la fuite au moment du contrôle, compliquant davantage les démarches de vérification et renforçant les présomptions de malversation.
Face à la gravité des faits, le ministre provincial des Finances a ordonné l’ouverture immédiate de poursuites administratives et judiciaires à l’encontre des agents incriminés. Il a également instruit les services compétents de renforcer les mécanismes de sécurisation et de traçabilité des recettes publiques, en particulier dans les postes de perception jugés sensibles.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la fraude et la corruption financière engagée par les autorités provinciales du Kasaï. Une démarche qui s’aligne sur les orientations du gouverneur Crispin Mukendi Bukasa, visant à améliorer la gouvernance financière et à maximiser les ressources propres de la province.
En attendant l’aboutissement des enquêtes, cette nouvelle affaire relance le débat sur la fiabilité des dispositifs de collecte des recettes publiques et la nécessité de renforcer les contrôles internes au sein des régies financières provinciales.
Par Daniel Ndaye wa Bilolo, depuis Tshikapa