Des cadres et militants de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), formation politique dirigée par Modeste Bahati Lukwebo, ont été arrêtés vendredi à Kinshasa avant d’être conduits à la Maison militaire du chef de l’État, située à la Cité de l’Union africaine, selon un communiqué officiel du parti consulté par plusieurs médias.
Dans ce document signé par le chargé de communication de l’AFDC, le parti affirme que Hilaire Kasusa Kikobya, vice-président national de la formation politique et président du conseil d’administration de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA), a été interpellé à son retour de Brazzaville au Beach Ngobila, principal point de passage fluvial entre Kinshasa et Brazzaville.
Selon la même source, plusieurs autres membres de l’AFDC ont également été arrêtés. Il s’agit notamment de Me Jean-Claude Phukuta Kuala, Yvon Yanga, Valery Ilunga, Mardochée Kankonde, Arnold Kaliye ainsi que Bosco Kibata.
Le communiqué du parti précise que l’ensemble des personnes interpellées auraient été acheminées vers la Maison militaire du chef de l’État, à la Cité de l’Union africaine, sans qu’aucune explication officielle ne leur soit communiquée jusque-là.
« La raison de leur arrestation n’est pas connue jusqu’à présent », souligne le document de l’AFDC.
Située dans la partie ouest de la capitale congolaise, la Cité de l’Union africaine abrite plusieurs installations stratégiques liées à la présidence de la République, notamment des bureaux administratifs et des structures sécuritaires.
Jusqu’à la rédaction du présent article, aucune réaction officielle des autorités congolaises ni des services de sécurité n’avait été obtenue concernant ces arrestations.
Ces interpellations surviennent dans un climat politique marqué par des tensions autour de Modeste Bahati Lukwebo, figure influente de l’Union sacrée de la Nation, plateforme soutenant le président Félix Tshisekedi.
Ces derniers jours, Modeste Bahati Lukwebo a annoncé sa démission de son poste de deuxième vice-président du Sénat. Malgré ce retrait institutionnel, l’ancien président de la chambre haute du Parlement avait réaffirmé publiquement son appartenance à l’Union sacrée ainsi que sa loyauté envers le chef de l’État.
L’absence, à ce stade, d’informations précises sur les motifs des arrestations alimente interrogations et spéculations dans les milieux politiques kinois, alors que plusieurs observateurs appellent au respect des procédures judiciaires et des droits des personnes interpellées.
Par Florence Ntumba|Kinshasa
