Une vive controverse foncière secoue l’Université de Kananga (UNIKAN) au Kasaï-Central, dans le centre de la République démocratique du Congo, une correspondance officielle datée du 14 mai 2026, dont une copie est parvenue à la rédaction d' ELITE-NEWS.NET, le Recteur de l’établissement, le Professeur Ordinaire Emery Bushisanda Ntabala-Mweny, accuse le cabinet du Gouverneur provincial d’avoir procédé à des retraits irréguliers sur le titre foncier de l’université, au détriment du patrimoine de l’institution.

Selon le document consulté, l’UNIKAN réclame la restitution immédiate de huit hectares de sa concession située à Katambayi. Le Comité de Gestion affirme n’avoir jamais autorisé une quelconque réduction de la superficie de son domaine universitaire, dénonçant ce qu’il qualifie « d’amputation arbitraire » opérée sans son consentement.

L’affaire remonte au mois de janvier 2026. D’après les explications fournies par le Rectorat, le Gouvernorat du Kasaï-Central aurait sollicité le Certificat d’Enregistrement de la concession universitaire, établi le 15 avril 2022 et couvrant initialement plus de 42 hectares. Le motif avancé était la mise à jour du document afin d’y intégrer les infrastructures du nouveau campus universitaire.

Cependant, à la restitution du certificat le 30 janvier dernier, l’université constate la disparition d’un premier hectare sur son titre foncier. Deux semaines plus tard, le scénario se répète. Le Directeur de Cabinet du Gouverneur aurait de nouveau exigé l’original du certificat, cette fois sous prétexte qu’une société marocaine devait consulter le document dans le cadre d’un projet de construction d’un « Hôpital Tertiaire » sur le site de l’UNIKAN.

Faisant confiance aux autorités provinciales et invoquant l’intérêt communautaire du projet, le Comité de Gestion accepte une nouvelle fois de transmettre le document. Mais à son retour, sept autres hectares auraient été retranchés de la concession, portant la perte totale à huit hectares.

Dans sa correspondance, le Recteur Emery Bushisanda Ntabala-Mweny interpelle directement les autorités administratives et les services fonciers de la province. Des copies de la lettre ont également été adressées à plusieurs institutions nationales, notamment au ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), au Conseil d’Administration des Universités du Congo ainsi qu’à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR).

Le ton employé par le Rectorat traduit une détermination sans équivoque. L’université prévient que

« faute de restitution des 8 hectares concernés, le Comité de Gestion de l’UNIKAN se verra dans l’obligation de saisir les juridictions compétentes».

Cette affaire suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique à Kananga. Plusieurs observateurs estiment que cette situation met en lumière les tensions persistantes autour de la gestion foncière dans la province et soulève des interrogations sur la protection du patrimoine public.

Pour l’heure, aucune réaction officielle du Gouvernorat du Kasaï-Central ni des services des Affaires foncières et du Cadastre n’a encore été rendue publique. En attendant, l’UNIKAN affirme rester mobilisée pour défendre l’intégrité de sa concession, considérée comme un patrimoine stratégique pour l’avenir de l’enseignement supérieur dans la région.

Par Mabanza Joseph|Kananga