La société civile du territoire de Lubero appelle le gouvernement congolais à renforcer l’encadrement des combattants Wazalendo à travers leur cantonnement et leur formation aux règles militaires ainsi qu’au droit international humanitaire. Cette demande intervient après la condamnation à mort, mercredi 6 mai, d’un membre du mouvement Wazalendo connu sous le nom de Far West ».

Le tribunal militaire de garnison de Butembo l’a reconnu coupable du meurtre d’un conducteur de taxi-moto ainsi que du viol suivi du meurtre de sa cliente. Les faits se sont produits la semaine dernière à Kimbulu, dans le territoire de Lubero. À travers cette affaire, la société civile tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les risques liés à la circulation des armes entre les mains de personnes non formées.

Selon elle, cette situation représente une menace sérieuse pour la sécurité des populations civiles dans la région. L’organisation citoyenne réclame également la dissolution du mouvement Far West, qu’elle accuse d’être impliqué dans plusieurs violations graves des droits humains.

« La coordination de la société civile ne mâche pas les mots et demeure ferme. La détention d’armes par des personnes sans aucune formation, sans réglementation militaire, et encore moins sans notions des droits de l’homme, constitue un véritable foyer d’insécurité au sein de la population », a déclaré Muhindo Tafuteni, président de la société civile du territoire de Lubero.

Dans un communiqué publié mardi 5 mai, cette structure avait déjà dénoncé les abus attribués à certains groupes armés se réclamant des Wazalendo. Elle les accuse notamment d’être impliqués dans des meurtres, des actes de torture et diverses formes de tracasseries contre les civils.

La société civile avait notamment évoqué le double assassinat survenu jeudi dernier à Kimbulu, où un conducteur de taxi-moto et sa cliente avaient été tués dans des circonstances attribuées à ces combattants. Face à cette situation, elle insiste sur la nécessité d’un contrôle strict des porteurs d’armes opérant dans la région, estimant qu’un meilleur encadrement des groupes armés demeure indispensable pour restaurer la sécurité et assurer la protection des civils dans le territoire de Lubero.

Par Jean-Pierre Matungulu|Lubero