La ville d’Uvira replonge dans l’angoisse après l’enlèvement, en plein jour, d’une commerçante dans le quartier Kimanga. Ce nouvel incident sécuritaire, survenu samedi 16 mai, ravive les inquiétudes des habitants ainsi que celles des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une recrudescence des actes criminels dans cette cité du Sud-Kivu encore fragilisée par des mois d’instabilité.

Selon plusieurs sources locales concordantes, la victime, identifiée comme Francine Chayi, âgée d’environ 36 ans et mère de trois enfants, exerçait ses activités commerciales dans un conteneur de vente de boissons lorsqu’elle a été approchée vers 13 heures par des individus non identifiés. Les témoins rapportent qu’elle aurait été contrainte de les suivre avant d’être conduite vers une destination inconnue.

L’enlèvement se serait produit à proximité immédiate d’un bureau de la Police nationale congolaise, un élément qui suscite de nombreuses interrogations au sein de la population locale quant à l’efficacité du dispositif sécuritaire dans la ville.

Contacté par notre rédaction, Me Mugisho Ntashara Élie, défenseur des droits humains enregistré sous le numéro CNDH/Kin 0236, a confirmé les faits tout en soulignant que les circonstances exactes de l’enlèvement demeurent encore floues.

« Nous appelons les autorités compétentes à s’impliquer activement afin d’obtenir la libération de la victime et à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à ces pratiques dans une ville déjà éprouvée par les violences et les atrocités », a-t-il déclaré.

Cet enlèvement intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible à Uvira. La ville avait été brièvement contrôlée par les rebelles de l’AFC/M23 à partir du 10 décembre 2025, avant leur retrait à la mi-janvier 2026 sous pression diplomatique et régionale. Malgré ce retrait, plusieurs habitants dénoncent une persistance de l’insécurité caractérisée par des kidnappings, des braquages et des actes de banditisme urbain.

Pour de nombreux observateurs, l’affaire Francine Chayi illustre les failles persistantes du système sécuritaire local ainsi que la nécessité urgente d’un renforcement de la présence des forces de l’ordre et des mécanismes de protection des civils.

Les organisations de la société civile appellent par ailleurs les autorités provinciales et nationales à ouvrir rapidement une enquête afin d’identifier les auteurs de cet enlèvement et prévenir toute multiplication de ce type d’actes dans une région déjà marquée par plusieurs années de conflits armés.

Jusqu’à présent, aucune revendication n’a été formulée et les autorités locales n’avaient pas encore communiqué officiellement sur ce dossier au moment de la rédaction de cet article.

Rédaction