Dans un contexte international marqué par la montée des préoccupations liées à la sécurité des infrastructures sensibles, la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de sécurité nucléaire. Du 4 au 7 mai 2026, un atelier technique de haut niveau consacré à la menace de référence pour la protection physique des installations nucléaires s’est tenu à Kinshasa, sous l’impulsion du Comité national de prévention contre les rayonnements ionisants (CNPRI).

Organisée à l’hôtel Brotia avec l’appui du Département de sécurité nucléaire des États-Unis, cette session de formation stratégique a réuni plusieurs institutions sécuritaires, scientifiques et administratives congolaises autour des enjeux liés à la prévention des risques nucléaires et à la protection des installations sensibles.

Une initiative stratégique pour la sûreté nationale

Pendant quatre jours, experts nationaux et partenaires techniques ont échangé sur les mécanismes d’identification des menaces, les standards internationaux de sécurité nucléaire ainsi que les dispositifs de protection physique applicables aux infrastructures utilisant des matières radioactives.

L’objectif principal de cette formation était de renforcer les capacités nationales en matière d’évaluation des risques et de définition de la menace de référence, considérée comme un élément central dans l’architecture moderne de sécurité nucléaire.

Plusieurs services stratégiques de l’État ont pris part aux travaux, notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise, l’Agence nationale de renseignements (ANR), la Direction générale de migration (DGM), le Conseil national de sécurité, ainsi que des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, du Commissariat général à l’énergie atomique et du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses.

Le CGEA de l’UNIKIN au cœur de la coopération scientifique

Les travaux se sont clôturés le vendredi 8 mai par une visite guidée au Commissariat général à l’énergie atomique (CGEA), implanté sur le site de l’Université de Kinshasa. Cette structure scientifique, considérée comme un centre nucléaire de référence en Afrique centrale, joue un rôle clé dans la recherche nucléaire civile et la gestion des questions liées aux rayonnements ionisants en RDC.

Cette visite technique a permis aux participants d’évaluer les réalités opérationnelles des installations existantes et d’identifier plusieurs défis à relever pour améliorer davantage la sécurité physique des infrastructures nucléaires du pays.

Le CNPRI réaffirme son engagement

À travers cette initiative, le CNPRI entend consolider la culture nationale de sécurité nucléaire et promouvoir une meilleure coordination entre les institutions impliquées dans la gestion des matières radioactives et des installations sensibles.

Son président, le professeur ordinaire Florimond Nyamoga Kabanda, a salué une avancée importante pour la République démocratique du Congo, affirmant la disponibilité de son institution à accompagner les efforts visant à moderniser le système national de sécurité nucléaire.

La rencontre a également enregistré la participation active de plusieurs membres du comité de gestion du CNPRI, notamment la professeure Odette Kabena Ngandu, vice-présidente de l’institution, ainsi que Alfred Ngangura Maisha, secrétaire exécutif.

Au-delà du cadre technique, cette formation marque une volonté affirmée des autorités congolaises de renforcer la gouvernance des matières radioactives et de se conformer progressivement aux standards internationaux en matière de sécurité nucléaire, dans un environnement régional où les enjeux liés à la sûreté des installations sensibles deviennent de plus en plus stratégiques.

Par Jonathan Bukasa|ELITE-NEWS.NET