Une nouvelle controverse secoue la province de l’Ituri autour d’une vaste opération sécuritaire menée dans la carrière minière de Bokala, située dans la chefferie de Kunda. Dans un communiqué rendu public, l’organisation de défense des droits humains Parlement Citoyen Asbl-DDH dénonce l’arrestation de 106 civils originaires du Sud-Kivu, qu’elle qualifie d’« arbitraire » et contraire aux principes fondamentaux des droits humains.
Selon cette organisation, les interpellations ont débuté depuis le mardi 11 mai 2026 lors d’une opération de ratissage conduite par les Forces armées de la République démocratique du Congo dans cette zone minière de l’Ituri. Parmi les personnes arrêtées figurent principalement des exploitants artisanaux et des commerçants ambulants venus des territoires d’Idjwi, Kalehe, Kabare/Murhesa et Walungu, dans la province du Sud-Kivu. Une femme ferait également partie des personnes interpellées.
D’après le Parlement Citoyen Asbl-DDH, ces civils auraient été assimilés au mouvement rebelle M23 en raison de leur seule provenance géographique. L’organisation estime qu’un tel amalgame constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux des citoyens, particulièrement dans un contexte où de nombreuses populations fuient les violences armées qui persistent dans l’Est du pays.
Le communiqué précise que les personnes arrêtées seraient détenues depuis la soirée du 13 mai 2026 à la disposition du commandement de la région militaire à Bunia. L’ONG affirme également que des images et vidéos circulant sur les réseaux sociaux montraient des conditions de détention jugées incompatibles avec le respect de la dignité humaine ainsi qu’avec le principe de présomption d’innocence consacré par la Constitution congolaise et plusieurs instruments juridiques internationaux.
Face à cette situation, le Parlement Citoyen Asbl-DDH appelle les autorités congolaises à procéder à une vérification individuelle, impartiale et conforme au droit de chaque dossier afin d’éviter toute stigmatisation des populations originaires du Sud-Kivu.
L’organisation exige en outre le respect des droits fondamentaux des personnes interpellées et sollicite l’implication urgente des structures nationales et internationales de défense des droits humains pour assurer un suivi indépendant de cette affaire. Elle insiste également sur la nécessité de protéger les civils déplacés par les violences et la crise sécuritaire qui frappent plusieurs territoires du Sud-Kivu.
« La justice ne doit jamais être fondée sur l’origine provinciale d’un citoyen », souligne le communiqué, conclu par le slogan : « HAKI YA RAIYA IHESHIMIKE ! Justice et dignité pour tous ».
Au moment de la publication de cette information, aucune réaction officielle des Forces armées de la République démocratique du Congo ni des autorités militaires de l’Ituri n’avait encore été rendue publique.
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