À la faveur des débats grandissants autour d’une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, plusieurs responsables religieux réunis au sein du Rassemblement des Enfants de Dieu pour la Transformation du Congo (R.E.D.T.CO) ont officiellement demandé la modification de l’article premier de la Constitution afin que la RDC ne soit plus définie comme un État laïc.

La déclaration a été faite ce samedi 16 mai 2026 à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général de l’Union sacrée de la Nation, André Mbata. À travers cette démarche, la plateforme religieuse affirme soutenir les réformes constitutionnelles envisagées, tout en plaçant au centre de ses revendications la suppression du principe de laïcité inscrit dans la loi fondamentale.

Dans sa formulation actuelle, l’article premier, alinéa 1, de la Constitution stipule que :

« La République démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un État de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc. »

Le R.E.D.T.CO souhaite voir cette disposition remplacée par une nouvelle formulation consacrant explicitement la référence à Dieu dans l’organisation de l’État. La proposition portée par cette structure religieuse se présente comme suit :

« La RDC est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un État dédié à Dieu, indépendant, souverain, indivisible, social et démocratique. »

La déclaration officielle a été lue par l’archevêque Grâce Léonard Matebwe Lambalamba, qui estime que le principe de laïcité ne correspondrait plus aux réalités sociologiques et spirituelles du pays. Selon lui, la forte majorité croyante de la population congolaise devrait se refléter dans les fondements constitutionnels de la nation.

Les initiateurs de cette démarche soutiennent également que la RDC aurait déjà cessé, sur le plan symbolique et spirituel, d’être un État laïc depuis la consécration du pays à Dieu par le président Félix Tshisekedi en 2019.

Les responsables religieux évoquent aussi certaines décisions et déclarations officielles qu’ils considèrent incompatibles avec le principe de laïcité, notamment la proclamation de Gbadolite comme « ville sainte ».

Cette prise de position intervient dans un climat politique marqué par la multiplication des discussions autour d’une éventuelle révision de la Constitution congolaise. Si certains acteurs soutiennent l’idée d’adapter le texte fondamental aux évolutions du pays, d’autres restent attachés au maintien du principe de laïcité, considéré comme une garantie de neutralité de l’État vis-à-vis des confessions religieuses.

Le débat, désormais relancé sur la place publique, pourrait alimenter davantage les échanges politiques et sociétaux dans les prochaines semaines, alors que plusieurs organisations de la société civile et acteurs politiques suivent de près les initiatives liées à la réforme constitutionnelle.

Par Robert Mulumba|Kinshasa