Face aux coupures d'électricité à répétition qui paralysent la ville de Bukavu et plusieurs territoires du Sud-Kivu, le Parlement Citoyen pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance – Baraza la Raiya (PCDBG-BR) sort de son silence et lance un appel à la responsabilité collective.
Dans un message adressé à la population et à la Société Nationale d'Électricité (SNEL), l'organisation de défense des droits humains dit être très préoccupée par les plaintes des ménages. Ces interruptions affectent la vie quotidienne, la conservation des médicaments et des aliments, les commerces, les écoles et même la sécurité des quartiers.
Pour le PCDBG-BR, le délestage est un défi collectif qu'il ne faut pas attribuer à une seule cause. La capacité de production, l'état du réseau, les travaux de maintenance, les conditions climatiques ou encore l'augmentation de la demande peuvent tous jouer. Mais cette complexité, insiste l'organisation, ne doit pas dispenser la SNEL de son devoir de transparence.
Informer et agir avec transparence
Le Parlement Citoyen demande à la direction provinciale de la SNEL à Bukavu de communiquer clairement : expliquer les causes des coupures, publier les programmes de délestage et donner des délais de rétablissement.
L'organisation appelle également à protéger la centrale de Ruzizi I, qu'elle qualifie d'infrastructure vitale pour la région. Elle alerte sur le danger des déchets plastiques jetés dans les caniveaux et cours d'eau qui peuvent obstruer les ouvrages et compliquer l'entretien, tout en précisant que leur impact réel doit être établi par des évaluations techniques et non servir d'excuse unique.
Cinq recommandations concrètes à la SNEL
Pour sortir de la crise, Baraza la Raiya propose :
1. La mise en place d'une brigade permanente de 10 journaliers chargés du nettoyage quotidien des abords de Ruzizi I, avec budget et équipements de protection ;
2. L'organisation de la collecte et du recyclage des déchets en collaboration avec les services d'assainissement et les associations environnementales ;
3. Le renforcement de la maintenance préventive des installations ;
4. Une meilleure information des consommateurs sur les zones touchées et les travaux programmés ;
5. La création d'un cadre de concertation régulier entre la SNEL, les autorités locales, la société civile et les représentants des consommateurs.
Un appel aux autorités locales et à la population
Aux maires, bourgmestres et chefs d'avenues, le Parlement Citoyen demande de mobiliser les habitants autour de campagnes d'assainissement et d'installer des points de collecte. Il propose la création d'une brigade communautaire de veille environnementale pour protéger Ruzizi I.
À la population, le message est direct : ne plus jeter les plastiques dans les caniveaux, trier les déchets, participer aux travaux communautaires et ne jamais s'aventurer dans les installations de la centrale. L'organisation rappelle aussi que le système Cash Power permet de mieux gérer sa consommation, mais ne supprime pas les délestages liés à la production.
« Le droit d'accès à l'électricité est lié à la dignité humaine, à la santé, à l'éducation et au développement. Il ne doit pas être banalisé », conclut le chef du département de l'éducation civique, Fikiri Habamungu Habrojis.
Pour Baraza la Raiya, la solution ne viendra ni des accusations, ni des slogans, mais de données fiables, d'investissements, d'une bonne gestion et de l'engagement de tous.
Rédaction
